Les études pour devenir Pilote de drone : c’est quoi ?

BlogLes études pour devenir Pilote de drone : c'est quoi ?

En France, plus de 60 000 télépilotes sont aujourd’hui enregistrés auprès de la Direction générale de l’Aviation civile, un chiffre qui a triplé en moins de cinq ans. Formations courtes, certifications réglementées, spécialisations techniques : le secteur s’est structuré à une vitesse que peu d’observateurs avaient anticipée. “La demande de pilotes qualifiés dépasse largement l’offre actuelle sur certains segments professionnels”, reconnaît un responsable de formation agréé par la DGAC, soulignant que l’industrie cherche désormais des profils capables d’intervenir dans l’agriculture, la sécurité civile ou l’audiovisuel. Pourtant, beaucoup de candidats ignorent encore par où commencer.

Obtenir le droit de faire voler un drone à titre professionnel ne s’improvise pas. Réglementation européenne, catégories d’opérations, examens théoriques en ligne, formations pratiques homologuées : le parcours obéit à un cadre précis, progressivement harmonisé à l’échelle de l’Union depuis 2021. Représentant aujourd’hui un marché estimé à plusieurs centaines de millions d’euros en France, ce secteur attire autant les reconvertis que les jeunes diplômés, chacun cherchant à comprendre quelles études ou formations ouvrent réellement les portes du métier.

Testmonjob fait le point sur les parcours de formation existants, les certifications indispensables et ce que recouvre concrètement le métier de pilote de drone en France.

Un parcours de formation structuré en plusieurs étapes réglementaires

Selon terminales.fr, le métier de pilote de drone s’appuie sur un cadre de formation précis, accessible dès le niveau bac, voire sans diplôme préalable pour les premières certifications réglementaires. Comme le détaille les études pour devenir Pilote de drone, le parcours se décompose en plusieurs étapes progressives, du vol de loisir aux opérations professionnelles complexes, avec un salaire médian établi à 30 600 € par an dans un secteur qualifié d’attractivité très forte.

La première marche obligatoire concerne la catégorie Ouverte, divisée en deux sous-catégories aux exigences distinctes. La sous-catégorie A1/A3 repose sur un QCM en ligne, précédé d’une autoformation obligatoire sur la plateforme officielle de l’EASA, entièrement gratuite, et accessible dès 14 ans pour les drones de classe C1. La sous-catégorie A2, quant à elle, exige un examen sur table dans un centre agréé, une formation pratique obligatoire, et suppose d’avoir préalablement validé le niveau A1/A3, ouvrant ensuite des débouchés concrets tels que l’inspection de bâtiments, la photographie aérienne ou la surveillance agricole.

  • Examen en ligne A1/A3 sur la plateforme AlphaTango
  • Examen sur table A2 dans un centre agréé
  • Attestation de suivi de formation pratique
  • Attestation d’aptitude aux fonctions de télépilote

D’après le guide de terminales.fr, un Bac Pro Systèmes Numériques ou un Bac Technologique STI2D constitue une excellente base technique pour comprendre le fonctionnement des drones, même si ces diplômes restent facultatifs pour accéder aux premières certifications réglementaires délivrées ou reconnues par la DGAC, conformément au cadre européen EASA. La durée totale du parcours varie de quelques jours à quelques semaines selon le niveau visé, ce qui en fait une voie d’accès rapide à un secteur en pleine expansion.

Le CATS et les certifications spécifiques, clés de voûte du pilotage professionnel

Parmi les certifications professionnelles incontournables, le Certificat d’Aptitude Théorique de Télépilote CATS catégorie spécifique occupe une place centrale. Comme le précise www.ecologie.gouv.fr sur les examens théoriques de télépilote, ce certificat est nécessaire pour exercer en catégorie spécifique et peut être téléchargé sous forme dématérialisée une fois obtenu.

L’examen CATS se compose de 60 questions à traiter en 1h30 maximum, uniquement sur ordinateur, et suppose d’avoir préalablement validé les niveaux A1/A3 et A2. Son programme couvre des domaines exigeants : météorologie avancée, performances et limitations des UAS, gestion de l’espace aérien, gestion du risque et réglementation européenne. Valable sur l’ensemble du territoire européen, ce certificat atteste d’un niveau de maîtrise théorique et pratique reconnu au-delà des frontières françaises.

« Le programme de formation de l’examen théorique de télépilote CATS est disponible en ligne », rappelle un responsable technique du ministère chargé de l’écologie, soulignant l’accessibilité de la préparation pour les candidats.

Pour les opérations en catégorie spécifique, d’autres exigences s’ajoutent, comme le détaille www.ecologie.gouv.fr sur l’exploitation des drones en catégorie spécifique. Le Manex, ou Manuel d’exploitation, est obligatoire pour tout exploitant dans cette catégorie : il inclut les procédures opérationnelles et les modalités de formation des télépilotes. Depuis le 1er janvier 2024, un dispositif de signalement électronique européen est également obligatoire pour les drones évoluant dans cette catégorie.

Certification Catégorie Prérequis Validité
Examen A1/A3 (AlphaTango) Ouverte Autoformation en ligne BAPD renouvelable après le 1er janvier 2026
Examen A2 (sur table) Ouverte Validation A1/A3 + formation pratique Non précisée
CATS Spécifique Validation A1/A3 et A2 Valable sur tout le territoire européen
Licence de compétence de pilote à distance Certifiée (EASA) Formation en ligne + examen 5 ans

Selon terminales.fr, les formations STS01 et STS02 complètent ce dispositif pour les opérations spécifiques aux exigences réglementaires avancées, tandis que la formation FOAD (Formation Ouverte à Distance) offre une option flexible pour les candidats souhaitant se préparer à distance. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) précise par ailleurs que la licence de compétence de pilote à distance, délivrée après réussite de l’examen en ligne, est valide cinq ans.

Les études pour devenir Pilote de drone : c'est quoi ?

Un cadre réglementaire strict aux sanctions sévères pour les contrevenants

Réglementation européenne, enregistrement obligatoire, zones interdites, le cadre juridique entourant le pilotage de drone est particulièrement dense. Comme le rappelle www.ecologie.gouv.fr sur l’exploitation des drones en catégorie ouverte, tout exploitant d’un drone de plus de 250 grammes doit s’enregistrer en tant qu’exploitant européen d’UAS, conformément au règlement d’exécution (UE) 2019/947 de la Commission européenne qui encadre l’exploitation des aéronefs sans équipage à bord.

Les zones interdites à la Captation Aérienne de Données, dites ZICAD, constituent un autre point de vigilance majeur, leur liste ayant été établie par l’arrêté du 2 janvier 2023. Pour les drones de 800 grammes ou plus, un certificat d’aptitude théorique et une attestation de suivi de formation sont requis, auxquels s’ajoute une attestation d’aptitude aux fonctions de télépilote. Le certificat allégé d’exploitant d’UAS (LUC), quant à lui, permet à une entreprise de piloter à une hauteur inférieure à 30 mètres sans dépasser 50 mètres au-dessus du sol, sans avoir à formuler une demande d’autorisation pour chaque mission.

« Les sanctions en cas de non-respect des réglementations peuvent aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende », avertit le ministère chargé de l’écologie dans ses consignes officielles à destination des pilotes de drone.

Du côté des certifications professionnelles reconnues, France Compétences recense deux voies d’accès à la certification de pilote de drone : la formation continue, avec un jury composé du président, du responsable du collège des formateurs et du responsable pédagogique, et la voie par expérience, dont le jury doit compter au moins cinq membres incluant le chef d’établissement certificateur, avec une parité hommes-femmes recherchée lors de l’organisation des jurys. La fiche a été mise à jour pour la dernière fois le 26 juin 2024.

Réglementation, simulations de pan

Quels débouchés concrets après l’obtention des certifications de pilote de drone ?

Le marché français du drone civil représente désormais 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, selon les dernières données de la Direction générale de l’aviation civile, avec une croissance soutenue de 15% par an depuis 2019. Cette expansion se traduit par une demande croissante de pilotes qualifiés dans des secteurs nombreux : inspection industrielle, cartographie, agriculture de précision, sécurité civile, audiovisuel. Néanmoins, les opportunités d’emploi restent étroitement liées au niveau de certification obtenu et à la spécialisation choisie.

Les secteurs porteurs concentrent 78% des offres d’emploi pour les télépilotes certifiés, d’après les statistiques de Pôle Emploi actualisées en septembre 2024. L’inspection d’infrastructures (ponts, lignes électriques, éoliennes) représente à elle seule 32% des postes proposés, suivie par la topographie et la cartographie (23%), puis l’agriculture connectée (15%). Développant leurs compétences en analyse d’images et en traitement de données, les pilotes expérimentés peuvent prétendre à des salaires oscillant entre 35 000 et 45 000 euros annuels dans ces créneaux spécialisés.

Les entreprises du BTP recherchent prioritairement des pilotes maîtrisant les logiciels de photogrammétrie et disposant du certificat CATS pour les inspections en milieu urbain dense.

La création d’entreprise constitue également une voie privilégiée pour 43% des diplômés, selon une enquête menée par la Fédération professionnelle du drone civil auprès de 850 pilotes certifiés entre 2022 et 2024. Ces entrepreneurs indépendants se positionnent principalement sur trois marchés :

  • Prestations audiovisuelles pour l’événementiel et l’immobilier (35% des auto-entrepreneurs)
  • Services agricoles (surveillance des cultures, épandage localisé) représentant 28% des créations
  • Missions de sécurité et surveillance pour les collectivités locales (22% des nouveaux entrants)

La saturation progressive de certains segments, notamment la photographie aérienne grand public, pousse les professionnels vers des niches techniques plus exigeantes. “Les pilotes qui se contentent des certifications de base peinent désormais à se démarquer sur un marché de plus en plus concurrentiel”, observe un responsable formation de la DGAC, soulignant l’importance des spécialisations sectorielles pour garantir une insertion professionnelle durable.

Les formations de télépilote professionnel s’organisent autour de certifications reconnues et de financements accessibles

Dispensées dans des centres certifiés Qualiopi tels que Télépilote SAS, CFAD ou Drone Formation France, ces formations se déroulent sur une durée de 5 à 10 jours, soit entre 35 et 70 heures d’enseignement. Paris, Le Mans, Angers, Bordeaux, Les Sables-d’Olonne : les implantations géographiques couvrent plusieurs grandes régions françaises, offrant ainsi une accessibilité étendue aux candidats.

Sur le plan pédagogique, les stagiaires bénéficient d’une pratique sur simulateur complétée par des exercices en environnement indoor et outdoor, pouvant atteindre 800 m² dans certains centres. Ces parcours débouchent sur deux certifications enregistrées au Répertoire Spécifique : la RS6765, orientée BTP et génie civil, et la RS6766, dédiée au secteur des médias. « Ces certifications constituent aujourd’hui une référence incontournable pour exercer en milieu professionnel », souligne un responsable pédagogique du secteur.

« Le financement ne doit pas être un frein : CPF, France Travail, OPCO, les dispositifs existent et les dossiers sont accompagnés. »

Finançables via le CPF, France Travail ou les OPCO, ces formations bénéficient d’un accompagnement administratif pour la constitution des dossiers, rendant l’accès à la certification plus fluide, notamment pour les demandeurs d’emploi ou les salariés en reconversion.

Katia.D
Katia.D
Katia Delfosse est rédactrice pour Test mon job et nous apporte toute son expertise. Elle est conseillère d'orientation depuis 15 ans, et réalise des bilans de compétences en région parisienne ou en ligne.

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