Diplômés de grandes écoles, ils ont choisi un métier de passion.

Change

Aujourd’hui, reportage sur des personnes qui ont changé de voie après leurs études. Leur raison commune ? Faire le métier qu’ils aiment.

 

« J’étais bon élève à l’école, ma mère suivait cela de près. C’est elle qui m’a poussé à faire des classes préparatoires », analyse Quentin Lévèque ancien EM Lyon. « Mes parents ont fait HEC et je suivais leur modèle parce qu’au fond je ne connaissais que ça », ajoute Marie Gauthier. Tous les deux ont pourtant choisi des métiers qui, à première vue, ne font pas parties des options enseignées dans ces écoles de prestige.

 

Quentin a choisi l’option artisanat en devenant boulanger après avoir achevé ses études par un C.A.P pour adultes tandis que Marie a ouvert un atelier de confection de savons.

 

Avant de savoir ce qu’ils voulaient faire ils ont d’abord su ce qu’ils ne voulaient plus faire

Avec l’école, on se laisse rapidement entrainer. 14 ans après notre naissance et l’arrivée en troisième, on rentre déjà dans l’entonnoir qui nous mène, petit à petit, sans que l’on s’en rende compte, vers un seul et même débouché. A l’âge où notre personnalité se construit, c’est bien souvent nos parents et nos professeurs qui tracent une voie qu’ils espèrent être la meilleure pour nous. Il n’est pas rare, donc, de voir des étudiants, bien qu’étant en Bac +5, ne pas savoir ce qu’ils veulent faire de leur vie à la fin de leurs études. Le seul avantage des cursus généraux, dans ces cas, c’est qu’ils leur permettent d’entrevoir ce qu’ils ne veulent absolument plus faire.

 

Selon les statistiques d’HEC, 20% de ses diplômés choisissent une orientation qui n’est pas en ligne avec les enseignements qui sont donnés dans cette école. Le moment fatidique qui voit naitre le basculement ? Les stages en entreprise. Première confrontation au monde des cols blancs, ils sont l’occasion de prendre conscience de l’aspect parfois très politique, au mauvais sens du terme, de certaines organisations. Ils ne trouvent pas d’espaces d’expression dans ces environnements où les employés eux-mêmes se battent pour conserver leurs postes et ont mis en place des barrières à toutes formes d’initiatives innovantes. « Quand je travaillais en audit, j’étais scandalisé par la façon dont on était traités », explique Marie. « Il y avait une méthode et il fallait l’appliquer. Si tu partais le premier le soir, tu étais catalogué. On ne te jugeait qu’à partir de tes moindres petites erreurs et tes initiatives étaient très mal vues de tes collègues. ». Quentin ajoute : « J’avais l’impression d’être au bureau avec mes parents. Ils ont fait ça toute leur vie. J’étais englué dans une routine alors que je rêvais de changer le monde.  Je me suis alors mis à faire quelques calculs et je me suis rendu compte qu’il me restait encore 41 ans avant la retraite. C’est là que je me suis dit que je devais tout changer. ».

 

Suite à un enième stage dans une banque d’affaires, Marie-Camille Le Noan a eu le déclic et l’envie de se rapprocher de ce qui lui correspond véritablement. Aujourd’hui, elle est institutrice dans une cité sensible et elle ne regrette pour rien au monde. « Avoir vu autre chose que l’enseignement me donne une force que mes collègues n’ont pas forcément à leurs débuts ». Elisa Demouy a laché son poste de banquière au Crédit Agricole pour faire un documentaire sur les enfants roms dans les bidonvilles de Paris. Pour rattraper son retard technique, elle s’est inscrite à une formation de documentariste. « Finalement, dit-elle, je fais ce que j’ai toujours voulu faire. »

 

Ecoute de soi

Pour s’écouter soi-même et faire passer l’argent en second, il faut encore convaincre ses proches qui placent généralement le volume du compte en banque comme un marqueur de succès.

 

C’est la raison pour laquelle ces étudiants acceptent de faire des compromis. Ils vont jusqu’au bout de leurs études afin d’avoir leur diplôme comme filet de sécurité mais se servent de ce qu’ils ont appris à des fins détournées ou du moins pour des objectifs dont la finalité était pourtant celle de leurs écoles à la base : faire du commerce.

 

Parce qu’en effet, au fil des années, on a eu tendance à oublier que les écoles de commerce ne sont pas que faites pour alimenter le service recrutement des grands groupes mais aussi pour former des jeunes à acquérir un réseau, à monter des affaires, à se vendre. Ces jeunes qui choisissent un parcours atypique se prennent en main afin de mener leur propre barque dans cette joyeuse épopée que doit former notre « start’up nation ». 

 

 

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